"La lecture est une amitié" - Marcel Proust

Vendredi 30 décembre 2016 [18:47]

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Titre
: N'oublie pas les oiseaux
Auteur: Murielle Magellan
Genre: Autobiographie









Quatrième de couverture: C'est l'histoire d'une passion, sa nudité, sa beauté, sa cruauté, sa douceur et ses secousses. 
Elle, Murielle, 17 ans au début, apprentie chanteuse à l'école des variétés de Paris. Un cri dans une enveloppe discrète. 
Lui, le Russe, l'homme slave, le professeur dangereusement séduisant, ange fatigué mais toujours en service. 
Leur amour fou, long et compliqué. 
Et c'est parce que cette histoire vraie est en tous points romanesque que l'auteur a voulu la raconter. 
 
Mon avis: Si j'avais su en ouvrant ce livre qu'il allait raconter mon histoire, je l'aurais refermé de suite. Parce que je crois n'avoir jamais autant été bouleversée par un livre.

Il raconte l'histoire vraie d'un amour fou entre Murielle et le Russe, l'homme slave comme elle l'appelle durant tout le roman. Et c'est Murielle, l'auteure et héroïne, qui s'en charge. Et elle parle de cet amour destructeur. Tantôt heureux, tantôt tragique. Parce que l'amour est un piège inextricable. Elle a réussi à en extraire tous ses dédales et nous les livrer sans retenue. Mais toujours avec pudeur et respect.

Et elle en parle de manière touchante, avec toute sa sensibilité de femme, ses souffrances, ses douleurs, ses attentes irréalisées et irréalisables, son espoir qui la soutient malgré tout. Elle parle de ses maux avec des mots. Elle met des mots sur ses maux.
Les thèmes abordés sont très durs et d'autant plus quand ils nous font écho. Il y a la rencontre, les séparations, les envies d'une femme, les exigences de l'homme, ... 
Rappelons nous que cette histoire est vraie. Alors bien que romancé, le récit est agrémenté des extraits de ses propres journaux intimes. Et tout prend alors une autre valeur. Celle du réel, de l'éprouvé. Pas du fictif qu'on pourrait avoir imaginé ou spéculé. Non, le concret, le vécu, le vrai.

J'ai eu mal. Physiquement. Mais j'ai eu de l'espoir aussi. Parce qu'elle me raconte la fin de son histoire.... J'ai été parfois bouleversée, parfois rassurée. Ses confessions à coeur ouvert m'ont fait du bien. Parce que cette histoire est unique et aussi folle que la mienne. J'ai compris beaucoup de choses et je me suis sentie comprise.
Merci pour ce moment aussi terrifiant que fabuleux.
 
Prochaine lecture: Métamorphose, Tome 2: Paradis obscur, Ericka Duflo

Mardi 24 mai 2016 [20:11]

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Titre
: Ma vie en suspens
Auteur: Susannah Cahalan
Genre: Autobiographie









Quatrième de couverture: Susannah Cahalan, vingt-quatre ans, se réveille entravée sur un lit d’hôpital. Incapable de bouger ou de parler, elle n’a aucun souvenir de la raison pour laquelle elle est là. Celle qui, quelques semaines plus tôt, était une jeune fille en bonne santé, vivant sa première relation sérieuse et promise à une brillante carrière de journaliste, se retrouve désormais cataloguée comme psychotique violente, abrutie de médicaments. Que s’est-il passé? 
Ma vie en suspens est l’histoire incroyable mais vraie d’une plongée inexplicable dans la folie. Susannah Cahalan raconte sans fard et sans concession cette descente aux enfers et son combat pour reprendre le dessus, retrouver son identité. Adoptant le point de vue de la journaliste, elle dresse la chronique de sa maladie : les crises de violence alternant avec un état de catatonie, les examens coûteux ne donnant aucun résultat, l’éventualité d’un internement à vie et enfin, après un mois de calvaire, l’arrivée d’un nouveau médecin dont le diagnostic lui sauvera la vie.
 
Mon avis: Dans ce livre bouleversant, Susannah Cahalan, jeune femme de 24 ans et pleine de vie, nous raconte, comment en quelques mois sa vie a basculé dans le combat de la maladie.
D'abord cataloguée "schizo-affective", à force de persévérance et sa rencontre avec le bon médecin au bon moment lui vaudra une autre étiquette bien moins réjouissante.

Elle nous raconte tout, du début à la fin. Du commencement de ses troubles à la presque guérison. Des investigations médicales aux examens qui ont conduit au diagnostic puis au traitement. Sans retenue mais tout en délicatesse, elle nous livre l'indescriptible. Sa dépendance, ses délires, son enfermement psychique, son désarroi, sa solitude... Parce que bien qu'entourée de ses proches, on doit se sentir bien seule dans ces moments là.
On suit le parcours de cette jeune femme avec un oeil attentif. Tantôt horrifié, tantôt maternant. Bien sûr, mon regard professionnel et la dimension autobiographique de ce roman n'ont fait qu'augmenter mon intérêt.

C'est un récit très bien écrit. Avec force, courage et honnêteté. Tout est bien expliqué. Les réflexions, examens et termes médicaux sont mis à la portée de tous. Tout ceci facilite l'accès à ce monde si spécifique et la lecture n'en devient que plus attrayante et confortable.

Les droits cinématographiques de ce livre ont été achetés. Une adaptation verra donc bientôt le jour. Vivement !

Merci aux éditions Denoël pour cette découverte.
 
Prochaine lectureRoom, Emma Donoghue

Jeudi 5 mai 2016 [18:59]

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Titre
: Mes hommes
Auteur: Malika Mokeddem
Genre: Autobiographie








Quatrième de couverture: "J'ai quitté mon père pour apprendre à aimer les hommes, ce continent encore hostile car inconnu. Et je lui dois aussi de savoir me séparer d'eux. Même quand je les ai dans la peau.
J'ai grandi parmi des garçons. J'ai été la seule fille de ma classe de la cinquième à la terminale. J'ai été la seule pionne dans l'internat au milieu des hommes... Je me suis faite avec eux et contre eux. Ils incarnent tout ce qu'il m'a fallu conquérir, pour accéder à la liberté."
 
Mon avis: Voici une petite autobiographie tout à fait dans l'air du moment...

Malika Mokeddem nous raconte ici sa vie, orientée et rythmée surtout par ses rencontres et son rapport avec les hommes. D'abord son père et frères et puis ... les autres.
Tantôt en colère, tantôt attendrie, on reconnaît sans mal nos propres émotions.

Que dire de plus si ce n'est que ce livre aurait pu être écrit par à peu près toutes les femmes sur cette planète ?
Et puis d'un coup on se sent moins seule. Et puis d'un coup on a envie de lui dire qu'elle n'était pas toute seule.
 
Prochaine lectureJusqu'à la folie, Jesse Kellerman

Lundi 28 septembre 2015 [20:47]

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Titre
: Tigre, tigre !
Auteur: Margaux Fragoso
Genre: Autobiographie








Quatrième de couverture: Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée.
 
Mon avis: Ce livre est une autobiographie. Je ne sais pas s'il est possible de dire d'une lecture pareille qu'on l'a aimée mais c'est mon cas.

Margaux a sept ans lorsqu'elle croise sur sa route Peter Curran, de 44 ans son aîné. Tout d'abord il va combler ce manque paternel dû à une carence familiale avérée entre une mère schizophrène et un père alcoolique. Puis, petit à petit, leur relation se transforme, sur un versant amoureux. Margaux, naïve, tourmentée et en mal d'amour se laisse aimer. 
Ses sentiments ont été sincères. Je ne sais pas exactement à quel moment elle s'est aperçue que tout ça n'était pas légal mais toujours est-il qu'elle ne s'en cache pas. Elle aimait lui faire plaisir. Elle aimait ce qu'il faisait d'elle, une petite fille existante.

Ensemble ils ont partagé de bons moments, même si rien de tout ça n'était sain. Mais Margaux était dans sa bulle. Elle voulait se marier avec lui et lui faire des enfants.
Il a réussi à la persuader que rien de tout ça n'était mal. Que deux personnes ont le droit de s'aimer, malgré leurs âges. C'était leur secret.
Le vrai père de Margaux, manquant à tous ses devoirs de père, a été le seul à se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Toutes les personnes qui gravitaient autour d'eux et qui auraient pu la sortir de là ne l'ont pas fait. Mais de toute façon, elle même ne voulait pas.

La relation entre eux deux est mêlée tantôt de haine et tantôt d'amour. Il a réussi à la manipuler pour être certain qu'elle ne l'abandonnerait jamais. Il l'a détruit petit à petit. Enfant docile, enfant tigre, Margaux oscille entre les deux afin de trouver sa place et faire entendre sa voix pour exister parmi les siens.

Margaux nous raconte avec sincérité, intimité et beaucoup de courage son histoire avec cet homme qui aura duré quinze ans avant qu'il ne mette fin à ses jours.
Une autobiographie dure mais surtout dérangeante. C'est bien le premier mot qui me vient à l'esprit. Parce que Margaux ne se positionne pas en tant que victime. 
Et aussi parce qu'on arrive, malgré tout, à essayer de comprendre cet homme qui voulait s'en sortir.

Une lecture dont on sort différent.
 
Prochaine lectureLes enfants de l'eau noire, Joe R. Lansdale

Vendredi 28 août 2015 [18:03]

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Titre
: Lettres d'amour en héritage
Auteur: Lydia Flem
Genre: Autobiographie








Quatrième de couverture: Dans trois boîtes au grenier se trouve leur correspondance amoureuse. Oserons-nous la lire maintenant qu'ils sont disparus ? Entrer dans la chambre des parents, c'est chercher à comprendre ce qui s'est passé avant notre naissance. Roman des origines que chacune et chacun rêve de découvrir. Au fil de leurs lettres s'écrit aussi notre histoire : sommes-nous nés de l'amour ?
 
Mon avis: Ce livre est autobiographique. Il est associé à un autre livre, Comment j'ai vidé la maison de mes parents.
Dans celui-ci, Lydia Flem nous raconte, par bribes, la correspondance amoureuse de ses parents. De leurs rencontres jusqu'à leur vie commune.

Au début timide et incertaine du droit qu'elle a de prendre connaissance de cette intimité avec ses parents, elle y trouve un moyen de faire son deuil, de rester près d'eux. Pendant deux années durant, elle va lire leurs courriers et les retranscrire consciencieusement sur son ordinateur. 
Au fil des pages, elle nous confie le bien ou le mal que cela lui procure de découvrir tout ça.

C'est touchant de se rendre compte à quel point chaque histoire d'amour est unique, passionnel, à la fois tendre et destructrice.
Lydia Flem nous livre avec pudeur sa genèse, son "avant elle". En tant qu'adulte elle peut prendre du recul et appréhender avec beaucoup d'humilité cet amour naissant sous nos yeux. Parce que comme elle, on apprend d'où elle vient, de quel amour elle est née.

Un très beau roman, très touchant et qu'on aimerait bien tous pouvoir écrire, à l'image de notre histoire...
 
Prochaine lectureBons baisers de la montagne, Noémie de Lapparent
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