"La lecture est une amitié" - Marcel Proust

Lundi 20 mars 2017 [18:29]

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Titre
: La femme du monstre
Auteur: Jacques Expert
Genre: Thriller









Quatrième de couverture: Quand elle a épousé le monstre, elle n'avait que vingt-deux ans. Elle admirait sa force, son charme, n'en revenait pas qu'il ait pu la choisir, elle qui n'était pas belle, que personne n'avait jamais remarquée.
Quand la police est venue arrêter le monstre, le pays tout entier s'est soudain intéressé à elle, une femme de trente-huit ans, ordinaire.
Mais, entre les deux, il y a seize années de vie de couple, seize années durant lesquelles elle a été une mère dévouée, une épouse loyale, une bonne voisine, une femme sans histoire qui ne pouvait pas se douter.
À moins que...
 
Mon avis: J'ai choisi ce livre car ce sujet là me touche particulièrement. Et puis je voulais découvrir l'auteur. Voir jusqu'où il pouvait aller...

C'est "la femme du monstre" qui raconte son histoire. Celle qu'elle a vécu durant seize ans de vie commune avec celui qui sera un jour arrêté pour meurtre et viol sur mineur.
Son récit est entrecoupé avec le procès.

On sent toute la fragilité de cette femme. Elle m'a fait de la peine. Extérieurement on se demande comment elle, qui vivait si près du monstre et dont tous les signes avant coureurs se sont manifestés, n'a jamais rien vu. Déni ? Aveuglement ? Protection ? On sent sa naïveté et son envie d'optimisme.
J'ai été mal à l'aise durant ma lecture parce que toutes les anormalités sont décrites comme banales. Comme si elle ne voulait pas voir. Le lecteur est mis à mal et on se pose des tas de questions sur les limites entre le normal et l'immoral.
Je lui en ai voulu de ne pas l'avoir arrêté. De ne pas avoir compris et ouvert les yeux sur l'homme avec qui elle vivait. 
Le récit reste sur le même ton tout du long. Aucun évolution ni remise en question de sa part. C'est une description de la vie qu'elle menait, à travers son regard, avec sa façon à elle de voir les choses.

Jacques Expert a choisi une manière peu commune de rendre cette femme pathologique. Il embarrasse le lecteur à tel point qu'on se demande si c'est nous qui ne sommes pas anormaux. 
Cette façon originale de rendre "la femme du monstre" totalement hermétique à son mari nous fait vivre des moments glaçants.

Un roman déroutant qui peut mettre en colère jusqu'à la fin qui finalement remet tout en question...
 
Prochaine lectureLes enfants du Pas du Loup, Marie-Bernadette Dupuy

Mercredi 15 mars 2017 [11:51]

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Titre
: Désordre
Auteur: Penny Hancock
Genre: Thriller









Quatrième de couverture: Sonia, la quarantaine, mène une vie solitaire dans sa jolie maison des bords de la Tamise. Greg, son mari, est souvent en déplacement. Kit, leur fille, est partie à l'université. Pourtant, alors que Greg la presse de le rejoindre, Sonia se sent incapable de quitter la maison où elle a grandi et où, adolescente, elle a connu les émois les plus purs.
Lorsque Jez, 15 ans, le neveu de son amie Helen, frappe à sa porte pour lui emprunter un disque, Sonia décide de ne plus le laisser partir. Prise d’une pulsion inexplicable, et obsédée par sa jeunesse, elle va le séquestrer. La police, alertée par Hélène, se lance alors dans une enquête qui prend vite un tour inattendu. 
 
Mon avis: Après une grosse panne lecture de plus de 3 semaines, rien de tel qu'un thriller psychologique qu'on présentait comme "digne du légendaire Misery de Stephen King". Je n'irais pas jusque là. J'ai bien aimé mais quelques petites choses sont venues chagriner ma lecture qui en fera un moment mitigé.

Sonia et Helen sont amies. Jez, le neveu d'Helen est venu emprunter à Sonia un album de Tim Buckley et c'est alors que, fasciné par la jeunesse du jeune homme, elle va l'enfermer chez elle.

Le roman est construit à deux voix. En alternance entre celle d'Helen et celle de Sonia. Bien que Sonia soit un peu plus présente. On voit clairement alors la personnalité des deux femmes et la panique de l'une face à l'apathie de l'autre. Très vite on se rend compte que Sonia est complètement folle et prête à tout pour garder Jez près d'elle. 

L'histoire est bonne, plaisante, intéressante et bien construite bien qu'il manque un peu d'actions mais le tout réside dans la façon de voir Sonia gérer son acte alors que la presse et la police se déchaînent. De voir aussi son interaction avec Jez, bien que ceci aurait pu être exploité davantage.
Ce qui m'a gênée c'est la passivité et la naïveté de Jez. Il met du temps à se rendre compte qu'il est finalement sous l'emprise de cette femme et il n'a aucune réaction, aucune personnalité. Il ne cherche pas à s'enfuir, il ne cherche pas non plus à la manipuler mais n'est pas pour autant consentant...
Et puis je n'ai clairement pas compris le lien entre la détention de Jez et le traumatisme vécu dans l'enfance de Sonia. Parce que clairement, la motivation vient de là. C'est bien expliqué puisque de cet événement, on en découvre les ficelles au fur et à mesure mais ... pourquoi tout ça a amené Sonia à emprisonner Jez ? Peut être que je suis juste aveugle..

En bref, un roman mitigé qui aurait mérité plus de folie et de tension pour un thriller psycho.
 
Prochaine lectureLa femme du monstre, Jacques Expert

Mercredi 1er février 2017 [21:07]

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Titre
: Je sais qui tu es
Auteur: Yrsa Sigurðardóttir
Genre: Polar/Thriller








Quatrième de couverture: Un couple entreprend de rénover une maison abandonnée dans les sauvages fjords de l'ouest de l'Islande. Leur amie Lif les suit parce qu'elle cherche à faire le deuil de son mari, récemment décédé. Tous trois ont une chose en commun : ils s'attendent à être seuls. Très vite, une présence inquiétante se manifeste dans les parages. Y a-t-il un lien entre cette apparition et le trépas inexpliqué du propriétaire précédent ?
 
Mon avis: Premier livre lu en LC avec ma copinaute Fan2polar et pour le challenge des 4 AS !

Le récit est construit sur la base de deux intrigues qui alternent entre les chapitres. Très vite, on se doute de leur étroite corrélation et une seule question nous reste en tête: Laquelle ?

La première est celle d'un couple, Katrin et Gardar et de leur amie, Lif qui tous trois entreprennent de rénover une maison abandonnée au fin fond des fjords de l'ouest, en Islande. Ils se retrouvent seuls, coincés au milieu de nulle part et très vite, ils ne se sentent plus si seuls qu'ils le croyaient.
L'auteur tient à coeur de nous plonger dans une ambiance oppressante. Tout est fait pour qu'on se sente mal à l'aise et ça marche. Il est rare pour moi de ressentir ça pendant mes lectures mais là j'étais loin d'être tranquille... Les éléments sont réunis pour créer une atmosphère lourde, à la limite entre le réel et la folie.. Ceci également accentué par l'interaction entre ces trois personnages qui se retrouvent en huis clos...

La deuxième est celle centrée sur le personnage prénommé Freyr. Médecin psychiatre qui au détour de quelques conversations avec ses patients, se retrouve bien malgré lui plongé au coeur d'une enquête. Affaire qui va aussi déterrer ses propres démons. En collaboration avec Dagny, ils tentent d'élucider des mystères vieux d'il y a plusieurs dizaine d'années.

Les deux intrigues prisent à part ont chacune leur charme. L'une pose un décor sombre et inquiétant pour le côté thriller et l'autre donne ce côté plus policier. Mais globalement, et sur l'ensemble du récit, les actions et les faits sont limités. L'illusion de l'énergie du récit est maintenue dans cette alternance. Tout s'accélère à la fin, lorsque les deux trames se rejoignent. Et même si la fin ne nous surprend guère, elle a au moins le mérite de nous éclairer sur toutes nos interrogations.

Malgré ce petit soucis de rythme, c'est un bon roman, à la frontière entre polar et thriller qui se complètent très bien. Frissons garantis !
 
Prochaine lectureLes fiancés du Rhin, Marie-Bernadette Dupuy

Dimanche 22 janvier 2017 [20:46]

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Titre
: La fille du train
Auteur: Paula Hawkins
Genre: Thriller









Quatrième de couverture: Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8 h 04 le matin, à 17 h 56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d'un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants : Jason et Jess. Un couple qu'elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l'être par le passé, avant qu'il ne la trompe, avant qu'il ne la quitte. 
Jusqu'à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. La jeune femme aurait-elle une liaison ? Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d'en savoir plus. Quelques jours plus tard, elle découvre avec stupeur la photo d'un visage désormais familier à la Une des journaux : Jess a mystérieusement disparu... 
 
Mon avis: J'ai lu ce livre en LC avec ma chère Claire et mon copinaute White. J'adore les LC et avec mes deux compères réunis, c'était super chouette. Même si... à l'heure où j'écris cette chronique, Claire n'a toujours pas commencé le livre ! :p

Rachel prend le train deux fois par jour et en bonne voyeuse qu'elle est, elle observe cette maison habitée par un couple modèle. C'est du moins ce qu'elle croit. Mais bientôt, la voilà bien plus proche d'eux qu'elle ne l'aurait voulu...

Les chapitres alternent entre les trois voix des trois femmes du roman. Trois femmes, trois personnalités, trois regards et trois vies différentes. Mais leurs liens sont très étroits. J'ai eu peur de m'y perdre mais cela rend le récit très intéressant. Les personnalités se révèlent au fur et à mesure. Au début, tout est calme, tout est beau et puis au fil du récit, les bizarreries ressortent et le tempérament  de chacune s'affine. Nos pronostics vont bon train et on aime douter, se méfier, voir se transformer notre jugement et voir émerger la noirceur des personnages auxquels on s'est finalement attaché par leur bienveillance du début.

Le récit va très vite. Pas forcément beaucoup d'actions mais de la psychologie, de la manipulation et des petites révélations disséminées ça et là qui tiennent le lecteur en haleine et en suspens jusqu'à la toute fin. De quoi être largement incité à tourner les pages et maintenir notre attention.

Comme dans tous thrillers, on se méfie de tous. Je tirais mes conclusions et puis les choses se sont accélérées, ont pris un tournant inattendu et oui, j'ai réussi à me faire surprendre.

Il y a quelques détails exagérés qui m'ont un peu chagrinée mais sans plus. Pas de quoi me gâcher la lecture. J'ai passé un bon moment de lecture avec ce thriller divertissant, bien construit et fait de belles surprises.

J'aime voir la transformation des personnages. Les anges devenir démons. Le bonheur n'est qu'une apparence. Les gens ne montrent que ce qu'ils veulent. Et derrière chaque foyer se cache des secrets effroyables.
 
Prochaine lecture: Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tome 1, Ransom Riggs

Lundi 28 novembre 2016 [18:53]

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Titre
: L'écorchée
Auteur: Donato Carrisi
Genre: Thriller








Quatrième de couverture: Sept ans après s'être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. Incapable d'éprouver la moindre émotion et portant dans sa chair la marque des ténèbres, Mila excelle dans la recherche de ceux qui, un jour, se sont évanouis dans la nature. Elle seule ne peut oublier ces « victimes potentielles d’homicides ». Soudain, l’un d’eux réapparaît... et tue. Un à un, ceux dont les portraits ornent les murs des Limbes, reviennent, transformés en assassins. Epaulée par l’agent spécial Simon Berish, expert en interrogatoires et féru d’anthropologie, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une « hypothèse du mal ».
 
Mon avis: Quoi de plus naturel pour l'être humain avant la lecture d'une suite d'être dans l'attente, la confirmation... Et après, la comparaison...

Sept ans se sont écoulés depuis l'affaire du Chuchoteur. Nous retrouvons Mila, qui a joué un rôle important dans cette affaire. J'étais contente de la retrouver, je m'étais attachée à elle dans le premier tome et je voulais en savoir plus sur elle et comment elle allait évoluer.
Ici ce sont les victimes qui deviennent des tueurs. Il va donc falloir arrêter ces massacres et surtout savoir pourquoi se sont-ils tous réveillés...

Je ressors plus que mitigée par cette lecture. Après avoir été complètement emballée par le premier, je me demandais de quoi et jusqu'où était capable d'aller Carrisi. Je m'attendais à en avoir plein les yeux.
Le récit commence avec un pavé jeté dans la mare. Grosse tension, gros suspens... Et c'est parti mon kiki ! On se dit que ça va monter crescendo, que tout va tourner autour de ça et que quand la vérité va éclater, tous les liens et hypothèses mis bout à bout vont se connecter, faire tilt et ça va exploser ! Et bien ... Ce n'est pas tellement le cas. On oublierait presque cette situation de départ, on part sur autre chose et puis oui, on y revient et on tire les ficelles de tout ça mais ... pffft, ça redescend comme un soufflet et on est déçu que ça ne soit "que ça". Du coup je n'ai pas trouvé l'intérêt à cette mise en scène. Présente ou pas, ça aurait été la même chose.

Autrement, l'enquête est plus lente, moins tordue et avec beaucoup moins de tension que dans le précédent tome. Honnêtement, je m'attendais à autre chose. Un truc plus grandiose, à la hauteur de ce qu'il nous avait servi en entrée. Le fond partait d'une idée originale et intéressante. Mettre sur le devant de la scène les victimes qu'on oublie facilement. Une enquête complexe tout de même, appliquée et pensée. Mais loin de la manipulation et de la surprise qu'avait provoqué Carrisi précédemment.

Peu d'évolution dans les relations entre les personnages et les personnages eux-mêmes. Sauf Mila qu'on suit un peu plus dans la continuité du premier tome.
Des petits nouveaux qui font leurs effets et qui amènent leurs pierres à l'édifice.

Egalement peu de clins d'oeil et de corrélation avec la première histoire. Disséminés ça et là, on a presque l'impression que l'auteur ne savait pas comment les introduire. À l'instar de la finalité de cette scène primaire qui arrive comme un cheveu sur la soupe.

Ce deuxième volet ne m'a pas plus emballée que ça. J'ai trouvé peu d'originalité, on nous ressert les mêmes coups. Avec moins de tension, de suspens et de rebondissements alors forcément... tout a un goût bien amère.
Mais peut être que ce tome n'était que le plat de résistance avant un bon dessert chocolaté comme on les aime. En tous cas, s'il y a une suite et fin, je la lirai volontiers. Suite au prochain épisode donc... !
 
Prochaine lectureN'oublie pas les oiseaux, Murielle Magellan
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